Echantillon édition actuelle

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Plus que
des roses

Agrotropic a une raison de faire la fête: En septembre, il y a 50 ans, Bernhard Bürgisser posait au Kenya les bases de l’entreprise actuelle. Tout a commencé par un safari.

Dans la halle de production lumineuse d’Agrotropic, les collaborateurs sortent délicatement de leurs cartons les roses encore fraîches, les secouent légèrement, les examinent et les glissent dans le bon emballage plastique. Les fleurs ont parcouru un long chemin: elles ont poussé dans les hauts plateaux du Kenya ou de l’Équateur et ont été acheminées par avion vers la Suisse après leur récolte, dans des conditions réfrigérées. Sur de grands écrans placés au-dessus du tapis roulant, sur lequel les bottes sont déposées après le contrôle qualité, les détails de la commande s’affichent, avec les quantités prévues constamment actualisées. Des machines se chargent de recouper les tiges, de fermer les emballages et d’apposer les étiquettes. À l’extrémité du tapis, les logos de Coop ou de Migros ainsi que le label Fairtrade apparaissent sur les bottes. Les deux grands distributeurs sont des acheteurs Fairtrade et des clients d’Agrotropic de la première heure, c’est-à-dire depuis 50 ans.

Tout a commencé par un job d’étudiant

Comment se fait-il que la majorité des roses importées d’outre-mer arrivent ici, dans l’Oberhasli rural, à proximité de l’aéroport de Zurich? Valentin Bürgisser le sait. Âgé de 42 ans, il est responsable informatique et président du conseil d’administration d’Agrotropic, et le fils du fondateur Bernhard Bürgisser, décédé en 2020. L’histoire commence au début des années 1970, pendant les études d’économie de ce dernier. Beat Frey, un ami et camarade d’études, organisait des safaris au Kenya et trouva en Bürgisser un guide de voyage et de safari passionné. Grâce à leurs liens de longue date avec ce pays d’Afrique de l’Est, les deux amis virent la culture florale locale prendre son essor. Frey mit Bürgisser en contact avec un investisseur et, en 1976, celui-ci fonda une entreprise afin de financer ses études complémentaires d’ingénieur forestier grâce à l’importation de fleurs. Son père était déjà un peu «vert» à l’époque, raconte Valentin Bürgisser. Il appréciait le fait qu’aucun produit phytosanitaire ne soit utilisé en forêt.

Après ses études, les postes pour les ingénieurs forestiers étaient rares et Agrotropic était rentable. Bürgisser se consacra donc entièrement aux fleurs d’outre-mer. À partir de 1990, il ne se contenta plus de les redistribuer, mais les déballait, recoupait les tiges et les livrait dans l’eau aux grossistes et aux grands distributeurs Coop et Migros. Aux fleurs des hauts plateaux kenyans s’ajouta bientôt du feuillage coupé du Sri Lanka.


Le siège principal d’Agrotropic à Oberhasli ZH

Bürgisser eut de la chance: le palmier Butterfly devint un véritable succès en Allemagne et permit à sa ferme Tropiflora Sri Lanka de démarrer sur les chapeaux de roue. En 1983, il fonda avec Beat Frey le magasin de fleurs Blume 2000. Le concept déjà établi en Allemagne ne se transposa toutefois pas aussi facilement en Suisse et devint Blume 3000. L’entreprise est installée dans le même bâtiment qu’Agrotropic. Toutes les roses proposées dans ses onze points de vente sont certifiées Fairtrade.

Une branche sensible aux prix

Dès les années 1980, le fondateur d’Agrotropic était sensibilisé à l’utilisation des produits phytosanitaires. Lorsque ceux-ci firent davantage parler d’eux sous le terme générique de pesticides dans les années 1990, Bürgisser fut invité à une table ronde sur le sujet. Il reprocha aux organisateurs, des organisations non gouvernementales suisses, de dénigrer les producteurs de manière générale sans être en mesure de dire quelle serait une pratique acceptable. Un groupe de travail fut alors créé avec des représentants d’Agrotropic, de Max Havelaar, de Migros et de Caritas. C’est au cours de ces réunions que furent élaborés les critères d’un label Max Havelaar pour les fleurs – jusqu’alors, seuls des produits alimentaires tels que les bananes, le chocolat et le café issus de petits producteurs pouvaient être certifiés. En 2000, le label put être introduit grâce aux nombreux efforts de persuasion de Bernhard Bürgisser. Il œuvre encore aujourd’hui à améliorer les conditions de travail outre-mer et comprend une longue liste de substances chimiques interdites.

Selon Valentin Bürgisser, Agrotropic s’approvisionne aujourd’hui à environ 80% de sa gamme totale de produits auprès de fermes certifiées Fairtrade. Les roses destinées aux détaillants sont certifiées Fairtrade à près de 100%, tandis que la proportion est infime dans le commerce spécialisé – à l’exception de Blume 3000. Il est difficile de convaincre les fleuristes d’acheter des fleurs Fairtrade, explique Bürgisser …

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