Un mélange
raffiné
Chez Blumen Schweizer à Glarus, des époques très diverses se rencontrent. Le charme de ce style éclectique et l’atmosphère personnelle et familière séduisent une importante clientèle fidèle
Blumen Schweizer à Glarus est installé dans une ancienne orangerie. La pépinière à laquelle elle appartenait n’existe plus. Le nom Schweizer témoigne toutefois encore aujourd’hui de son histoire, commencée il y a plus de 160 ans. Le jardin à tracé géométrique devant le magasin, où ça pousse, pépie et bourdonne, en est aussi un témoignage. «Il a encore été conçu par Monsieur Schweizer», explique Monika Pfeiffer, actuelle propriétaire du magasin de fleurs. Derrière le jardin, en cette journée ensoleillée d’avril, des arbres en fleurs d’un parc privé se balancent au vent. Plus loin, le Vorderglärnisch se dresse, abrupt et gris. Le long de la route à côté du magasin, quelques voitures sont stationnées, mais il n’y a pas de trafic de transit. Cette idylle signifie aussi que la clientèle de passage est presque inexistante. Cela dure depuis un certain temps déjà. «La ville s’est plutôt déplacée de l’autre côté de la gare», dit Monika Pfeiffer en désignant l’est. Elle-même habite depuis trois ans dans la maison voisine du magasin de fleurs, qui fait partie du même bien immobilier.
Retour à plein régime
La quinquagénaire avait déjà effectué son apprentissage chez Blumen Schweizer. Elle a ensuite travaillé pendant trois ans hors de la branche en Suisse romande et en France, où elle a appris le français. Lorsqu’elle a été recontactée par son entreprise formatrice avec une offre d’emploi, elle est revenue au pays. Très vite, une reprise du magasin s’est dessinée et, depuis 2003, elle est sa propre patronne. Durant les deux premières années, elle pouvait encore se fournir en fleurs auprès de la pépinière. Lorsque celle-ci a fermé, le terrain a été vendu. Il appartient aujourd’hui à une fondation qui souhaite le préserver comme espace vert. «La plupart des autres pépinières de la région ont entre-temps été vendues et les terrains construits», explique Pfeiffer. Elle se souvient qu’à l’époque de son apprentissage, elle pouvait couper elle-même les fleurs le matin. «Cela crée un lien tout différent, une bien plus grande appréciation.» Elle se réjouit d’autant plus d’avoir pu reprendre, il y a deux ans, le jardin devant la maison. «Ainsi, les apprentis voient comment une fleur naît d’une graine.» Avec Blumen Schweizer, Monika Pfeiffer a obtenu le premier niveau du label Entreprise formatrice d’excellence et a déjà formé plus de dix apprentis.
L’équipe porte la tenue spéciale pour les journées florales – pantalon clair et haut clair scintillant – et travaille dans la bonne humeur dans le petit espace de travail. Le bâtiment est sinueux et exigu. «Mais nous avons de la lumière naturelle partout!», souligne Pfeiffer avec enthousiasme. Elle sait que cela n’a rien d’évident. L’étage supérieur sert de réserve. Dans le local de vente, où les agrumes passaient autrefois l’hiver, l’ancienne façade vitrée s’étend sur toute la largeur. L’orangerie possédait jadis une verrière, qu’elle aimerait faire restaurer.

Dans l’ancien bureau de la pépinière, Pfeiffer a aménagé une salle d’exposition. Des pièces uniques y racontent parfois des histoires vieilles de plusieurs siècles: une pierre tombale d’évêque datant de 1351, une porte en trois parties ornant le mur du fond ou encore des meubles anciens qu’elle a modernisés avec une peinture vert foncé ou rose. Au mur est accroché un poster retraçant les différents styles du mobilier français à travers les siècles. Des compositions en matériaux secs côtoient une sélection de livres de floristique et de jardinage, des bougies et des cartes de manufactures suisses, des plantes en pot et de grandes noix dorées; ces dernières sont traitées avec un apprêt crayeux, une sous-couche rouge ou bleue, puis recouvertes de feuille métallique. Des feuilles de ginkgo pailletées scintillent également dans les compositions. «Quand nous mettons la main à l’ouvrage, il faut que quelque chose de spécial naisse. Sinon, pourquoi la clientèle viendrait-elle chez nous?»
Elle transmet aussi ce principe aux apprentis. Elle les laisse exprimer autant que possible leur créativité, y compris à grande échelle. Elle explique que ces pièces n’étaient pas toujours vendables, mais que le processus était précieux. Avec les fleurs coûteuses, ces expériences sont plus difficiles. «Nous achetons au même prix que les magasins des grandes villes, mais ici, à la campagne, nous devons vendre moins cher.» Les végétaux et fleurs du jardin maison tombent donc à point nommé. Travailler de manière aussi saisonnière que possible lui tient particulièrement à cœur. Elle collabore pour cela avec un jardinier qui lui fournit par exemple des branches coupées de magnolia ou de conifère. Pfeiffer décrit le style de Blumen Schweizer comme ludique, naturel et toujours un peu romantique.
Personnel et individuel
La Glaronaise a repris de ses prédécesseurs une importante clientèle fidèle, qu’elle a entretenue avec soin au fil des années. On y trouve de nombreux habitants de longue date ainsi que quelques nouveaux arrivants. La famille de pépiniéristes Schweizer était très bien implantée à Glarus, tout comme son propriétaire actuel …
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